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La forêt, réflexion sur son rendement PDF Print E-mail
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Rétro-ADERoscope n°46 (Janvier, Février, Mars 2008)

Par Ernest Badertescher

Le retour au chauffage au bois est d’actualité. Les nouvelles chaudières à bois déchiqueté ou aux granulés (pellets) peuvent être automatisées, ce qui simplifie le travail. La crise du pétrole et aussi la volonté de ménager son environnement en utilisant une énergie renouvelable, font que la demande s’envole. Cette forte progression n’est pas sans importance sur les prix, qui s’envolent également. Si le forestier voit cette progression d’un bon œil, l’utilisateur se sent floué.

Mais qu’en est-il du rapport de la forêt, tant sur le plan rendement en biomasse que financier ? Un hectare de forêt, soit 10'000 m2 ou un carré de 100m sur 100 m, sous nos climats, produit 8 à 10 m3 annuellement, sans que ses réserves ne soient mises en cause, c'est-à-dire pour une exploitation durable.

En terme d’énergie, 8 m3 de bois représentent 22'000 kWh ou 22 MWh. En considérant le prix du kWh bois à 12 ct, cela représente 2'640 fr pour un hectare de forêt. En bois de service, selon l’essence, les prix du m3 sont compris entre 100 FR pour l’épicéa et 400 FR pour le chêne ou le frêne, ce qui ne dépasse guère le bois de feu.

En agriculture, les rendements par hectare sont nettement supérieurs. Ils sont de l’ordre de 3'600 fr pour le blé et sa paille, de plus de 5'000 fr pour la betterave à sucre et environ 3'600 fr pour les pommes de terre. Il s’agit ici des prix de vente et il faut bien sûr tenir compte des coûts de production qui sont très variables d’une culture à l’autre.

Faut-il en conclure que les forêts ne rapportent rien ? Faut-il les raser pour les mettre en cultures partout où cela est possible? C’est malheureusement la voie que suivent certains pays de l’Amérique du Sud et de l’Asie, pour y cultiver des matières premières plus rentables comme le soja servant à nourrir le bétail d’Amérique du Nord et d’Europe, ceci au détriment des cultures vivrières, principales sources de nourriture de ces pays. Certaines forêts sont rasées pour y planter des essences comme les palmiers à huile ; une autre variété, le Jatropha curcas fait fureur dans de nombreux pays chauds, car il est peu exigeant et produit plus d’huile que le colza et à moindre frais.

Raser les forêts c’est garantir le retour à la désertification, comme au Sahara. Dans les Alpes, ce serait un risque accru d’avalanches et de glissements de terrains.

La forêt joue un rôle énorme dans le stockage de l’eau, la formation des sources et ceci à un prix qui n’est pas pris en compte dans les systèmes d’exploitations intensives et du rendement à court terme.

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